Mobilisation nationale ?

Je ne me résous pas à l’indifférence… J’ai bien conscience de sembler naïf ou « gentil » mais je persiste !

Dans mon précédent post, d’une manière très viscérale et immédiate, j’essayais de dire l’importance du plan Borloo. Pas de telle ou telle mesure, pas par une analyse fine de ce qui était nouveau ou non, juste l’importance et l’urgence de la démarche globale. Avec le soutien immédiat de Jean-Pierre Worms et d’Alain Caillé, un texte très court a été rédigé et proposé à la signature dans nos réseaux. Une trentaine de personnes, intellectuels, entrepreneurs civiques, responsables associatifs ont accepté de le signer et Libération l’a mis en ligne sur son site. Beaucoup d’autres sont déjà prêts à le signer. Je vous invite à le faire aussi.

Je sais que cet engagement explicite posera problème à certains lecteurs. Ce blog n’est pas un lieu de militance et ne va pas le devenir. Ce qui m’importe à travers cette prise de position, c’est de contribuer – très modestement, j’en ai conscience – à une possible « mobilisation nationale ». Non pas en faveur de tel ou tel mais dans l’espoir que nous réussissions collectivement à maintenir notre « commune humanité ». Les ferments de haine de l’autre, de repli identitaire sont tellement virulents ! L’indifférence au monde commun des plus privilégiés est tellement exacerbée ! Parler de « commune humanité », hélas, ne va plus de soi. Je ne m’y résous tout simplement pas.

Il y a un moment, on se dit qu’on ne peut plus se contenter de lire les journaux et de dire « décidément, le monde va dans le mur ! » Le monde c’est nous, non ?

 

Borloo, … enfin !

J’ai lu immédiatement l’interview de Jean-Louis Borloo, dès sa parution sur le site du Monde. J’étais tellement impatient de voir ce qu’il allait proposer. Au fur et à mesure que je la lisais, je sentais que je m’électrisais, je piaffais ! Enfin, on y était ! Pas de rafistolage mais du neuf, inspiré directement par des acteurs de terrain. Je craignais un peu qu’il nous refasse le coup de l’ANRU, son bébé, mais il sait bien que le problème est plus grave que la seule « rénovation urbaine ». Ce qu’il propose c’est une rénovation sociale, je dirais même une « rénovation nationale ». C’est notre rapport à l’autre qu’il veut travailler, à ceux que nous voyons comme des tout-Autres alors qu’ils sont nos semblables. Comme le disait avec sa feinte ingénuité Pascale Puechavy dans la lettre des Ateliers de la citoyenneté lors de la crise de 2005 (à relire ici et ici) en parlant des banlieues : « les enfants n’y jouent-ils pas aussi ? les adolescents n’y tombent-ils pas amoureux ? les parents n’y aiment-ils pas leurs enfants ? les adultes n’y vieillissent-ils pas ? Sont-ils si autres, ces autres-là ? »

Ce matin, hélas, je voyais les commentaires sous l’article détaillant les différents programmes : « bisounours », « rupture de l’égalité républicaine », « la question c’est la délinquance armée des bandes », « et nos villes de campagne qui se meurent ?! »… et je vous passe naturellement les « simples » expressions du racisme et du nationalisme ordinaires.

Alors il faut réagir et permettre au plan Borloo » ou plutôt à la « mobilisation nationale » de se déployer avec tous les moyens de l’Etat et surtout, surtout, l’énergie de tous les citoyens de bonne volonté, dans les entreprises, les associations, les collectivités,…  

Je serais heureux que ceux qui ont des idées pour participer à cette mobilisation nationale me fassent signe, il faut aller vite pour qu’on ne parle pas demain du « rapport Borloo » mais du « déclic » Borloo.