Retour du Mexique

Je suis allé au Mexique un peu plus de trois semaines cet été en famille. Des amis mexicains nous ont fait découvrir leur pays, du désert du Nord jusqu’à Puebla en passant par Mexico. Nous avons poursuivi seuls au Yucatan, entre sites mayas et mer des Caraïbes.

Le but ici n’est pas de faire état de mes vacances mais plutôt de donner un écho aux conversations que nous avons eues avec nos amis sur leur pays et la politique. J’ai été frappé de la similitude entre leur désarroi face à la politique et celui qu’exprimaient souvent les personnes qui rejoignaient les Ateliers de la Citoyenneté. Un sentiment d’impuissance face à une politique qui semble échapper complètement aux citoyens avec des élections qui ne laissent espérer aucun changement véritable. Bien sûr la situation est encore plus critique au Mexique avec la corruption et la violence qui gangrènent tout. Même si Carlos est universitaire, régulièrement en Europe pour des colloques, il reconnait ne pas avoir connaissance des multiples initiatives, notamment latino-américaines, qui tentent de redonner du sens à la politique, que ce soient les budgets participatifs brésiliens ou l’expérience de Villa El Salvador au Pérou. La société civile est comme paralysée et ne semble même pas regarder ce qui se fait ailleurs et ce qui pourrait être entrepris dans le pays. Et pourtant je me dis que le Mexique est sans doute sur un point plus propice aux démarches « persopolitiques » auxquelles j’aspire que la France ! En effet nous avons été frappés de la persistance des liens familiaux, des rapports sociaux amicaux, de l’entraide spontanée. N’y a-t-il pas là un terreau sur lequel pourraient se développer des initiatives collectives ancrées dans les solidarités de voisinage ?  Je me mets à rêver d’un court-circuitage du système politique traditionnel impossible à transformer. Il y aurait tant à faire ! Mais hélas, au-delà des quelques signes encourageants que je vois, force est de reconnaître que le modèle américain est bien installé : déplacements uniquement par la route (plus un seul train de voyageur !), villes étalées à l’infini et pas seulement à Mexico, boissons sucrées à tous les repas, musique abrutissante sur les trottoirs des rues commerçantes, enfermement dans des gated communities des plus favorisés qui abandonnent les centre villes …  A quand une société civile qui se mobilise ? Et nous Européens, n’aurions-nous pas à initier des coopérations sur ce registre ? Ami Carlos, et si nous amorcions, modestement, cet échange transatlantique ?

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