Rendre obligatoire la mention « travailler tue » dans les contrats de travail

A l’initiative d’un ami, Jean-Pierre TEXIER, nous avons rédigé la pétition ci-dessous pour souligner, par l’absurde, l’inconséquence du gouvernement sur la question des retraites. La signer ne sera sans doute pas plus utile que l’obstruction parlementaire ou les défilés syndicaux, mais ça peut être un geste subversif et libérateur !

Considérant que l’ambition énoncée par le Gouvernement est de réaliser une réforme des retraites universelle, avec comme principe  « chaque euro cotisé ouvre les mêmes droits pour tous »,

Considérant que toutes les études montrent une inégale espérance de « vie bonne » à la retraite d’au moins 7 ans selon que l’on soit cadre ou salarié exerçant un métier « pénible »,

 Considérant que la pénibilité des différents métiers est mal prise en compte par le projet de loi et que les négociations entreprises pour structurer ce point crucial peinent à aboutir,

 Considérant que l’Insee constate de fortes différences d’espérance de vie à la naissance selon le niveau de vie. Les hommes qui font partie des 5 % les « moins riches » avaient sur la période 2012-2016 une espérance de vie de 71,7 ans contre 84,4 ans pour les 5 % les plus riches, soit 12,7 ans d’écart.

 Nous estimons dès lors que le Gouvernement doit appliquer aux retraites le principe de précaution à l’instar de la politique qu’il mène en matière de prévention du tabagisme, avec le slogan « FUMER TUE » inscrit sur les paquets de cigarettes.

Ainsi nous exigeons que tout salarié qui s’engage dans un métier reconnu comme pénible soit averti du risque encouru, ceci à partir de l’inscription dans son contrat de travail : 

  • de la mention « TRAVAILLER TUE »
  • complétée par l’indication du NOMBRE D’ANNÉES EN MOINS QUE LE SALARIE PEUT ESPÉRER VIVRE A LA RETRAITE par rapport aux personnes n’ayant pas à subir le même niveau de contrainte sur l’échelle de la pénibilité.

Quand on se trouve en incapacité de régler une question de justice sociale et d’universalité, le minimum est d’en informer les citoyens pour qu’ils en tirent eux-mêmes les conséquences.

Si vous trouvez cette proposition aussi absurde qu’indispensable au pays de Pierre Brossolette, de Pierre Dac et de Pierre Desproges, merci de bien vouloir apporter votre pierre à l’édifice en signant (et en faisant signer) cette pétition !

pétition rédigée avec Jean-Pierre TEXIER 

lettre d’info n°4

Bonjour,
voici la quatrième lettre de Persopolitique. Énervement face à la télé, enthousiasme pour les jurys citoyens ou les « écoles fenêtres »… mais surtout, et à travers tous les articles, une tentative pour sortir de nos représentations convenues de l’apathie citoyenne. Avec des pistes pour activer ce potentiel de citoyenneté. Donc un peu d’optimisme dans cette actualité plus que morose !!

… 6 mois depuis la dernière lettre ! je n’abuse pas de votre boîte aux lettres !! Et sept articles publiés seulement, je n’abuse pas non plus de ma plume !

Avant l’été j’étais revenu sur l’importance de changer notre conception du pouvoir après l’affaire DSK. Pouvoir SUR ou pouvoir DE, il est temps de choisir.

Sollicité par une personne qui a croisé la route des Ateliers, je me suis à nouveau interrogé sur la pertinence du tirage au sort des députés. (je me suis depuis remis au travail sur le sujet et vais essayer de sortir simultanément deux courts essais, l’un sur la citoyenneté entreprenante, l’autre sur le tirage au sort). Je suis revenu sur l’intérêt du tirage au sort en parlant du jury citoyen animé il y a un mois pour Synergence.

Que ce soient dans les médias ou, plus grave, chez les intellectuels, les représentations des gens ordinaires et de la société sont terriblement pessimistes. Nous ne serions que des individualistes indécrottables rendant impossible toute approche renouvelée de l’action publique. Je crois que c’est exactement l’inverse : notre vision de la société est en décalage par rapport aux potentialités dont elle dispose. Résultat nous n’inventons pas les nouvelles approches de l’action publique qui solliciteraient le potentiel créatif des citoyens. Lire là-dessus mon apostrophe à Laurent Delahousse et ma réaction au dialogue entre Philippe Meirieu et Marcel Gauchet. On verra aussi ce que peut concrètement faire la société civile en matière d’éducation avec l’exemple des « écoles fenêtres » des Pays-Bas.

Enfin une question apparemment sans importance pour finir : quand a commencé le XXIème siècle ? Si comme moi vous répondez en 2008 avec la chute de Lehman brothers, plutôt qu’en 1989 (la chute du mur) ou en 2001 (la chute des tours), c’est que nous partageons la conviction que nous ne sommes définitivement plus dans une « crise » dont il faudrait sortir mais dans le douloureux accouchement d’un monde résolument différent. Reste à savoir le visage qu’il aura… ou plutôt que nous lui donnerons.

Bonne lecture-s.

 

 

 

 

 

Lettre d’info n°3

Bonjour,
voici la troisième lettre de Persopolitique. On y parle de DSK et de la toute-puissance, de la fin des Ateliers et du débat sur le nucléaire. Apparemment pas gai tout ça, mais allez jusqu’aux conclusions des articles, j’essaie toujours de voir ce qu’on peut faire pour dépasser nos apparentes impasses !

Après l’affaire DSK, peut-on sortir de la sidération face à la prétendue toute-puissance ?

Je n’échappe à l’obsession commune pour l’affaire DSK. Au-delà de la déchéance d’un homme, ce sont les faux-semblants de notre vie politique et médiatique que j’essaie de décrypter. Nous vivions au cœur de trois fictions : fiction la plus évidente de DSK déjà président ; fiction encore de la sexualité affaire purement privée ; fiction plus fondamentale de la toute-puissance. Celle-ci résiste encore. C’est celle pourtant qu’il faut faire voler en éclat.

Les Ateliers ont mis fin à leur activité, le besoin de « conversation démocratique » continue !

Les Ateliers ont été une belle aventure et elle s’est achevée comme je l’espérais : dans la bonne humeur et l’envie que d’autres occasions de rencontres se manifestent. Plus que jamais je crois à la nécessité de lieux ouverts où l’on puisse s’exercer à la conversation démocratique. Pour moi de tels lieux seraient les « briques de base » d’une réelle démocratie délibérative.

La nécessité d’impliquer les citoyens dans le débat sur le nucléaire

Ecrit le 9 avril, « avec qui débattre du nucléaire ? » semble relever de l’actualité d’avant-hier ! Et pourtant, il ne faudrait pas passer trop vite à autre chose. Les informations alarmantes (mais passées très inaperçues) en provenance de Fukushima devraient nous rappeler que le nucléaire, lui, ne sort hélas pas instantanément de la vie des gens.

 

Lettre d’info n°2

Bonjour,

Voici la deuxième lettre de Persopolitique.

Des rendez-vous pour se retrouver autour de l’initiative citoyenne

Avant de vous proposer de partager quelques réflexions sur l’actualité, je voudrais vous inviter, si vous le pouvez, à bloquer deux dates de mai dans votre agenda déjà chargé.

– le 7 mai, j’en ai déjà dit un mot en février, vous êtes invités au « débarquement » des Ateliers de la Citoyenneté. Une manière festive de mettre fin à une aventure… pour en démarrer de nouvelles ! merci d’envoyer un mail pour dire si vous êtes a priori partant-e pour cette « croisière-souvenir » sur le Rhône.

– le 16 mai, j’anime à la demande de SoL une rencontre intitulée « Une gouvernance différente pour une société différente« . Autour de Göran Carstedt, président de The Natural Step et d’Alain de Vulpian, fondateur de Sociovision, nous nous interrogerons mutuellement sur la manière dont la société civile prend le pouvoir.

Quand l’actualité s’impose et nous obsède…

J’évite en règle générale de parler de l’actualité. Que puis-je apporter de plus dans le flot de commentaires ? Pour autant certains événements sont si obsédants qu’on ne peut s’y soustraire, qu’ils soient heureux ou tragiques.

Les 7 mn de l’intervention télévisée que le président de la République a consacrées aux révolutions arabes m’ont conduit à écrire sur la fierté arabe retrouvée. Depuis que j’ai écrit ce texte, la décision d’intervenir en Libye a heureusement donné une autre image de la France. Pour autant je pense toujours aussi nécessaire de miser sur cette fierté retrouvée, y compris pour des raisons internes.

La catastrophe que vit le Japon est sans doute un « accident de civilisation » dont on peine à se représenter la portée tant on reste collé à l’actualité immédiate, particulièrement celle des « piscines nucléaires de Fukushima », véritables tonneaux des Danaïdes. Et si, en réalité, nous étions déjà entrés dans l’An 1 d’une nouvelle ère ?

post scriptum

On peut encore lire  un texte sur la « boussole politique » mise au point par Dominique Boullier, prof à Sciences Po. Suite à cet article nous nous sommes rencontrés. L’évoquer, me donne envie de parler de sujets plus personnels dans Persopolitique… mais ce sera pour le mois prochain. J’ai en effet plusieurs « envies d’agir » à partager… Rendez-vous pour une lettre de printemps !

Lettre d’info n°1

PERSOPOLITIQUE est le nom du blog que j’ai commencé en 2010. Je l’ai testé pendant quelques mois avant de me décider à vous en informer. J’avais juste fait un mail le 14 juillet dernier pour avoir les premières réactions. Elles étaient encourageantes et j’ai donc continué…
Parce que plusieurs d’entre vous m’ont dit qu’ils regrettaient le temps de la lettre d’info des Ateliers, j’ai préféré vous proposer une lettre mensuelle plutôt qu’une alerte par mail à chaque fois que je publie un article.
La lettre d’info de PERSOPOLITIQUE vous propose ce mois-ci de faire le tour des mises en question du pouvoir politique, dans les pays arabes bien sûr mais aussi en Grande-Bretagne et en Belgique.
… et vous pouvez également faire votre propre moisson au travers des rubriques : galets, fils, mots, chemins !

Bonjour,

Persopolitique est le nom du blog que j’ai commencé en 2010 (pour connaître les raisons de ce titre voir Pourquoi Persopolitique ?). Je l’ai « testé » pendant quelques mois avant de me décider à vous en informer. J’avais juste fait un mail le 14 juillet dernier pour avoir les premières réactions. Elles étaient encourageantes et j’ai donc continué… même si l’activité professionnelle depuis septembre  m’a laissé moins de disponibilité que je l’aurais voulu. Depuis un mois, j’ai redéfini avec Didier LIVIO mon engagement à Synergence pour avoir plus de temps pour moi et donc pour écrire. Notons en passant que j’ai la chance de travailler avec quelqu’un qui comprend mon besoin d’autonomie !

Une lettre d’information plutôt qu’une alerte à chaque nouvel article

Parce que plusieurs d’entre vous m’ont dit qu’ils regrettaient le temps de la « lettre d’info des Ateliers », j’ai préféré vous proposer une lettre mensuelle plutôt qu’une alerte par mail à chaque fois que je publie un article. Un bon moyen de ne pas encombrer les messageries et surtout une possibilité de mettre des textes en perspective. Je vous ai donc intégré dans la liste de diffusion de cette nouvelle lettre d’info. Bien évidemment celles et ceux qui souhaiteraient ne pas la recevoir à l’avenir peuvent se désabonner en cliquant ci-dessous.

Les Ateliers de la Citoyenneté devraient avoir une belle fin!

Les Ateliers de la Citoyenneté cessent leur navigation. Et si on prenait le temps de débarquer ensemble ? Pour de vrai. Nous organisons en effet une dernière rencontre en partant en croisière sur le Rhône ! Ce sera le 7 mai. Merci d’envoyer un mail en retour pour dire si vous pensez pouvoir venir. Je serais vraiment heureux que nous nous retrouvions nombreux pour débarquer ensemble.

Le pouvoir politique partout mis en question

Les rapprochements sont peut-être un peu forcés mais la juxtaposition a sans doute du sens : Belgique, Grande-Bretagne, Pays arabes. C’est le sens même du pouvoir qui est en jeu.

Vacance du pouvoir : les Belges n’ont plus de gouvernement depuis des mois et s’en passent sans heurts. Un auteur belge en tire la conclusion que les gens peuvent se gouverner eux-mêmes, leçon que je partage tout comme Thierry Crouzet, le blogueur qui ne cesse de nous dire que nous n’avons pus besoin de gouvernements.

Contagion : un retour sur le mouvement démocratique qui secoue le monde arabe en s’intéressant au terme de « contagion » employé pour en parler dans les médias et en s’interrogeant du même coup sur notre propre rapport à la démocratie.

Big society, laboratoire anglais de la citoyenneté entreprenante : même si on vient d’apprendre que Liverpool, une des villes pilotes, se retirait de l’expérience en raison des coupes dans les budgets publics, la Grande-Bretagne teste à grande échelle … ce que les Ateliers ont imaginé.

Des invitations à penser autrement les rapports individu/collectif

En relisant les deux textes ci-dessous, je me rends compte qu’ils font un peu (trop?) intello mais j’ai quand même envie de partager mes coups de cœur sur des questions entre philosophie et sociologie.

Descartes a le Cogito patraque : le rationalisme cartésien n’a pas la cote en ce moment. Et s’il était temps d’inventer une formule en écho au cogito ergo sum ?

Etre ou avoir, changement de perspective : une invitation à penser autrement le rapport de l’individuel et du collectif. Bruno Latour nous fait redécouvrir la pensée à contre-courant de Gabriel Tarde. Ça fait du bien !

On peut encore lire  mes interrogations sur le cap de la cinquantaine. Eh, oui ! je l’ai franchi fin 2010. Je commence juste à m’y faire !