Nous (ne) sommes (pas) en guerre

La guerre est entrée dans nos têtes. Nous regardons en boucle les images en provenance d’Ukraine. Sidérés. Pressentant sourdement que tout peut advenir. A nouveau, le retour au « monde d’avant » s’éloigne. Comment sortir de l’impuissance qui nous saisit ?

On se rappelle l’anaphore du président quand la première vague du Covid-19 s’est révélée meurtrière : « Nous sommes en guerre ! ». A l’époque j’avais contesté l’usage de cette expression. Pas de guerre possible contre un virus disais-je en substance. Aujourd’hui nos dirigeants affirment sur tous les tons : « Nous ne sommes pas en guerre », sauf l’imprudent M. Le Maire qui avait osé évoquer une « guerre économique totale » contre la Russie. Face au détenteur du deuxième arsenal nucléaire du monde, refuser d’employer le terme de guerre est plus que compréhensible. Parler de guerre c’est risquer d’être entraînés immédiatement dans une escalade dont on ne peut exclure qu’elle aille jusqu’à l’emploi de l’arme atomique.

Nous sommes dès lors, depuis plus de deux semaines, enfermés dans une réalité qui n’est pas la guerre mais qui n’est plus la paix. On avait parlé de « drôle de guerre » pour parler de la période entre la déclaration de guerre de 39 et l’offensive allemande de juin 40. On pourrait dire que nous sommes dans un « drôle de paix ». La drôle de guerre était une guerre qui tardait à commencer, on peut craindre que la drôle de paix ne soit une paix qui tarde à finir. Le terme de nouvelle guerre froide utilisé depuis l’invasion de l’Ukraine me semble doublement impropre, d’abord bien sûr parce que la guerre en Ukraine n’a hélas rien de froid ensuite parce que la guerre froide avait été justement une capacité à gérer sans guerre directe l’affrontement des blocs. Continuer la lecture de « Nous (ne) sommes (pas) en guerre »

Ukraine, le moment « hectorien »

Achille, Ulysse et Hector. L’Iliade s’invite dans l’actualité. Cette clé de lecture m’a été donnée hier soir par Gaïdz MINASSIAN, journaliste et enseignant à Sc Po. Elle aide à imaginer une autre voie que l’alternative impossible de l’apaisement honteux et de l’escalade guerrière.

« Le monde ne s’arrête pas à Ulysse et Achille ! » Hier soir Gaidz Minassian nous invitait en conclusion de l’émission C Politique à ne pas oublier le troisième héros de l’Iliade. Aux côtés d’Achille, le fort, et d’Ulysse, le rusé, il y a en effet Hector, le sage. « Hector incarne la responsabilité, la lucidité et la paix ». Face aux assauts grecs, Hector est investi de la responsabilité de mener les combats à la place de son père Priam trop âgé. Il résiste dix ans en évitant le combat singulier car il sait que Troie sera prise s’il meurt. Après avoir tué Patrocle l’ami d’Achille, Hector se résout à un combat qu’il sait perdu d’avance et dit adieu à sa femme Andromaque et à son fils Astyanax. Hector n’a combattu que par devoir, sa vie n’était pas tournée vers la gloire comme tant de héros antiques. Nous avons besoin d’un moment « hectorien » nous disait Gaidz Minassian.

Cette attitude est difficile à adopter quand on s’est à ce point désaccoutumé à la guerre que celle-ci, quand elle survient, nous sidère. C’est ce tank isolé qui vient subitement écraser une voiture sur une route de banlieue. L’horreur et l’incompréhension nous saisissent. L’ordinaire de la route et l’extravagance du char, voilà qui résume bien à nos yeux d’occidentaux l’irruption de la guerre dans nos vies. Par contraste, nous sommes fascinés et admiratifs de la résistance calme et déterminée du président ukrainien. Bien sûr il y a des centaines de milliers de réfugiés sur les routes mais des gens ordinaires s’arment et entrent en résistance. Avec suffisamment de force pour un temps au moins ralentir la progression russe. L’attitude de Volodymyr Zelensky n’est sans doute pas étrangère à la fermeté inattendue des européens. Un sursaut de fierté s’affirme et contraste singulièrement avec la pusillanimité que je dénonçais dans mon papier précédant l’invasion, invasion que j’avais fini par penser inutile pour les Russes tant on ne voulait pas voir, du côté occidental, la guerre déjà là.

Si je suis heureux de ne plus avoir honte, je reste particulièrement inquiet des suites de ce conflit et de notre capacité à « penser et agir comme Hector ». Nous sommes bien plus habitués à ruser comme Ulysse avec toutes les désillusions et les péripéties de l’Odyssée. Et si nous avons désappris le recours à la force comme Achille, ce mouvement-là est assez naturel et revient vite. Enfant binoclard et apparemment calme, je me suis souvent révélé capable de me battre, acculé par la peur de déchoir. J’ai l’impression que l’Europe est un peu cet enfant à lunettes qui se rebiffe à la surprise des grands ! Quand les protagonistes sont à ce point différents, presque opaques l’un à l’autre, l’imprévisibilité du combat est à son comble. On est loin de la guerre froide où chacun savait jouer sa partition dissuasive de la destruction mutuelle assurée (MAD selon l’acronyme américain si bien trouvé).

Nous ne comprenons/croyons pas Poutine même lorsqu’il nous dit ce qu’il s’apprête à faire et Poutine ne nous comprend pas davantage puisqu’il n’avait pas anticipé que cette fois-ci nous dirions stop avec plus de force. J’ai lu ce matin un article très informé de l’historienne Françoise Thom qui décortiquait en décembre l’ultimatum de Poutine aux occidentaux. Les Russes envisagent le recours à l’arme nucléaire sans états d’âme, conscients que c’est par ce moyen – renforcé et modernisé ces dernières années – qu’ils peuvent obtenir l’avantage décisif ce qui serait impossible avec le rapport de forces en armes conventionnelles. Le nucléaire pour eux n’est plus tabou mais doit être intégré dans les options militaires. Par ailleurs ils estiment avoir une fenêtre d’opportunité à la fois en raison de leur réarmement et du désarmement moral (supposé) de l’occident. Face à cela les options sont plus que limitées affirme-t-elle : « Si les Occidentaux se montrent fermes, le Kremlin en tire la conclusion qu’ils veulent détruire la Russie ; si les Occidentaux offrent des concessions, le Kremlin en conclut qu’ils sont faibles et qu’il faut foncer ».

Par ailleurs AOC a republié un texte de Jean-Pierre Dupuy qui prend une tout autre dimension que lorsque je l’avais lu distraitement à sa première parution. Il y démontre le risque important de déclenchement d’un conflit nucléaire non voulu par le simple enchaînement des erreurs d’appréciation et des dysfonctionnements de systèmes d’alerte automatisés. Quand on lit ça en temps ordinaire, on se dit que le raisonnement est pertinent mais sans fondement réel. La nervosité ambiante des protagonistes, renforcée par l’incapacité mutuelle à anticiper les réactions de l’autre, donne des sueurs froides.

Que faire ? Comment faire preuve de l’humilité d’Hector dont parlait Gaidz Minassian ? Deux attitudes sont vouées à l’échec : la recherche d’apaisement qui serait vue seulement comme une marque de faiblesse poussant Poutine à poursuivre la soumission de ses périphéries, l’Europe toute entière pouvant être vue par le Kremlin comme une simple marche de l’Empire ; l’engrenage dans l’affichage d’une force qui ne serait que rodomontades (« faisons entrer l’Ukraine dans l’Union européenne » comme je l’ai lu ce matin) mais dont Poutine se saisirait pour passer au palier suivant dans l’usage de la force. Ni escalade, ni désescalade ? Est-ce possible ? souhaitable ?

Lorsque le « jeu » proposé par l’adversaire peut conduire à l’anéantissement, il est sensé de prendre du recul, de garder son calme. Et peut-être de se contenter modestement d’essayer de bloquer l’engrenage. Rien de glorieux (Achille), rien de subtil (Ulysse), juste une attitude déterminée à ne pas bouger. Si nous admirons aujourd’hui le comique devenu président, n’est-ce pas parce qu’il est dans cette attitude hectorienne ? Faire sa part, même quand on sait que c’est pratiquement désespéré ; rester debout, quoi qu’il en coûte pour soi (et non pour les autres).

Tenir en n’oubliant pas que le temps joue contre Poutine. La guerre froide, c’était le « containment », l’empêchement de l’extension sans recherche d’une victoire jugée impossible. Pas glorieux mais au bout du compte efficace. Dans le monde accéléré qui est le nôtre difficile d’imaginer un tel containment sur une durée aussi longue. Mais justement, parce que le temps s’est accéléré, peut-être ne devrons-nous pas tenir trop longtemps… Les fragilités de Poutine sont nombreuses et il n’est pas dit que les oligarques touchés par les mesures financières ne se retourneront pas contre lui. Enrayer la machine poutinienne passe moins par des « sanctions » que par des blocages : immobilisation par la fermeture de l’espace aérien, blocage des comptes et des échanges financiers, paralysie des systèmes informatiques… L’Europe, heureusement, s’est engagée dans cette voie, la seule à même de révéler – on l’espère rapidement- les failles du régime et à mettre fin à l’aventure poutinienne.

Patrick Viveret rappelait dans les échanges entre Convivialistes que nous avions désormais  à maintenir l’habitabilité de la Terre dans deux registres. Nous le savions pour le climat ; nous voulions l’oublier pour la guerre nucléaire. Dans les deux cas nous devons bloquer l’avancée vers l’abîme. Plaçons-nous résolument dans les traces d’Hector. Il n’y a pas de gloire à conquérir, pas de place pour la ruse, il faut « simplement » tenir. Avec lucidité, détermination et humilité. Merci à l’Europe, merci encore plus aux Ukrainiens réunis autour de leur président. Restons sur cette crête étroite, résolument.

Guère d’Ukraine

Toute guerre est bien sûr d’abord une polémologie mais quand le discours de chacune des parties prenantes conduit à invisibiliser la réalité d’un conflit DEJA meurtrier, il n’est pas inutile de s’arrêter sur les mots employés.

Comment peut-on tout faire pour éviter une guerre, comme on nous le dit sans arrêt depuis plusieurs semaines, alors que cette guerre a déjà fait 13 000 morts ? Entendu ce matin sur France Culture, ce nombre de morts dans les combats qui se déroulent depuis 8 ans dans le Donbass m’ont sidéré. Vérification faite, il y a bien eu une dizaine de milliers de morts en 2014 et 2015. Et depuis les combats ont continué entrecoupés de cessez-le-feu ajoutant encore d’autres milliers de morts aux milliers de morts.

On ne sait pas si, comme la guerre de Troie, la guerre d’Ukraine n’AURA pas lieu mais incontestablement elle A lieu au présent et elle A EU lieu au passé. Comment peut-on à ce point nier une réalité faite de combats menés à deux heures de Paris (deux heures et demie peut-être puisqu’on réserve l’expression « à deux heures de Paris » à des combats et à des morts non encore advenus ) ?

La guerre du Donbass n’est donc pas une guerre au cœur de l’Europe ; la guerre en Ukraine le serait et serait en cela inacceptable. Doit-on en conclure que le Donbass n’est déjà plus en Ukraine, n’y a jamais été, a été de tous temps en Russie ? Peut-on imaginer que pour nous occidentaux (et je suis naturellement dans le lot), on peut attaquer Donetsk et pas Kiev ? La partition du pays est-elle finalement aussi actée que l’est le rattachement de la Crimée dont plus personne n’imagine le retour à l’Ukraine ?

Ce conflit avait déjà un côté totalement fantasmagorique avec des déclarations sans lien avec la réalité. Côté occidental, on disait dans la même phrase que l’invasion de l’Ukraine aurait des conséquences incalculables mais qu’on ne ferait pas pour autant la guerre. Côté russe, les postures semblaient tout aussi irréelles : on se préparait à la guerre pour éviter une menace fantasmée et totalement inexistante.

Résumons. Une guerre est préparée pour éviter une guerre dont les adversaires potentiels ne veulent pas. Une guerre réelle a lieu et chacun fait comme si elle ne comptait pas. On en est là : les guerres fantasmées ont plus d’importance que les guerres réelles. On passe des jours et des nuits à éviter des guerres impossibles tout en laissant prospérer les guerres invisibles.

La « Guerre d’Ukraine » n’aura sans doute pas lieu, la suite de son dépeçage en revanche ne fait guère de doute. On pourra se réjouir de cette absence de guerre, se féliciter de la modération retrouvée mais pourra-t-on demain croiser un habitant de ce pays sans étouffer de honte ? Je pense à Pavel que nous avons connu enfant et je ne peux éviter la montée des larmes.

Je ne suis pas un dessinateur de presse capable de pointer d’un coup de crayon l’absurde d’une situation. Ma manière à moi est de manier les mots. Il y  a un « jeu de mots » qui s’impose à moi pour dire cette tragédie dont l’acteur principal est si incroyablement absent. Il n’y aura peut-être pas de guerre d’Ukraine mais à coup sûr il ne restera guère d’Ukraine. Et que deviendront les Ukrainiens ?

PS – Qu’on me comprenne bien : je ne fais que pointer notre hypocrisie, la mienne compris. Je ne prétends pas dire ce qu’il faudrait faire. Simplement peut-être ce qu’on ne devrait pas dire.

Rendre obligatoire la mention « travailler tue » dans les contrats de travail

A l’initiative d’un ami, Jean-Pierre TEXIER, nous avons rédigé la pétition ci-dessous pour souligner, par l’absurde, l’inconséquence du gouvernement sur la question des retraites. La signer ne sera sans doute pas plus utile que l’obstruction parlementaire ou les défilés syndicaux, mais ça peut être un geste subversif et libérateur !

Considérant que l’ambition énoncée par le Gouvernement est de réaliser une réforme des retraites universelle, avec comme principe  « chaque euro cotisé ouvre les mêmes droits pour tous »,

Considérant que toutes les études montrent une inégale espérance de « vie bonne » à la retraite d’au moins 7 ans selon que l’on soit cadre ou salarié exerçant un métier « pénible »,

 Considérant que la pénibilité des différents métiers est mal prise en compte par le projet de loi et que les négociations entreprises pour structurer ce point crucial peinent à aboutir,

 Considérant que l’Insee constate de fortes différences d’espérance de vie à la naissance selon le niveau de vie. Les hommes qui font partie des 5 % les « moins riches » avaient sur la période 2012-2016 une espérance de vie de 71,7 ans contre 84,4 ans pour les 5 % les plus riches, soit 12,7 ans d’écart.

 Nous estimons dès lors que le Gouvernement doit appliquer aux retraites le principe de précaution à l’instar de la politique qu’il mène en matière de prévention du tabagisme, avec le slogan « FUMER TUE » inscrit sur les paquets de cigarettes.

Ainsi nous exigeons que tout salarié qui s’engage dans un métier reconnu comme pénible soit averti du risque encouru, ceci à partir de l’inscription dans son contrat de travail : 

  • de la mention « TRAVAILLER TUE »
  • complétée par l’indication du NOMBRE D’ANNÉES EN MOINS QUE LE SALARIE PEUT ESPÉRER VIVRE A LA RETRAITE par rapport aux personnes n’ayant pas à subir le même niveau de contrainte sur l’échelle de la pénibilité.

Quand on se trouve en incapacité de régler une question de justice sociale et d’universalité, le minimum est d’en informer les citoyens pour qu’ils en tirent eux-mêmes les conséquences.

Si vous trouvez cette proposition aussi absurde qu’indispensable au pays de Pierre Brossolette, de Pierre Dac et de Pierre Desproges, merci de bien vouloir apporter votre pierre à l’édifice en signant (et en faisant signer) cette pétition !

pétition rédigée avec Jean-Pierre TEXIER 

lettre d’info n°4

Bonjour,
voici la quatrième lettre de Persopolitique. Énervement face à la télé, enthousiasme pour les jurys citoyens ou les « écoles fenêtres »… mais surtout, et à travers tous les articles, une tentative pour sortir de nos représentations convenues de l’apathie citoyenne. Avec des pistes pour activer ce potentiel de citoyenneté. Donc un peu d’optimisme dans cette actualité plus que morose !!

… 6 mois depuis la dernière lettre ! je n’abuse pas de votre boîte aux lettres !! Et sept articles publiés seulement, je n’abuse pas non plus de ma plume !

Avant l’été j’étais revenu sur l’importance de changer notre conception du pouvoir après l’affaire DSK. Pouvoir SUR ou pouvoir DE, il est temps de choisir.

Sollicité par une personne qui a croisé la route des Ateliers, je me suis à nouveau interrogé sur la pertinence du tirage au sort des députés. (je me suis depuis remis au travail sur le sujet et vais essayer de sortir simultanément deux courts essais, l’un sur la citoyenneté entreprenante, l’autre sur le tirage au sort). Je suis revenu sur l’intérêt du tirage au sort en parlant du jury citoyen animé il y a un mois pour Synergence.

Que ce soient dans les médias ou, plus grave, chez les intellectuels, les représentations des gens ordinaires et de la société sont terriblement pessimistes. Nous ne serions que des individualistes indécrottables rendant impossible toute approche renouvelée de l’action publique. Je crois que c’est exactement l’inverse : notre vision de la société est en décalage par rapport aux potentialités dont elle dispose. Résultat nous n’inventons pas les nouvelles approches de l’action publique qui solliciteraient le potentiel créatif des citoyens. Lire là-dessus mon apostrophe à Laurent Delahousse et ma réaction au dialogue entre Philippe Meirieu et Marcel Gauchet. On verra aussi ce que peut concrètement faire la société civile en matière d’éducation avec l’exemple des « écoles fenêtres » des Pays-Bas.

Enfin une question apparemment sans importance pour finir : quand a commencé le XXIème siècle ? Si comme moi vous répondez en 2008 avec la chute de Lehman brothers, plutôt qu’en 1989 (la chute du mur) ou en 2001 (la chute des tours), c’est que nous partageons la conviction que nous ne sommes définitivement plus dans une « crise » dont il faudrait sortir mais dans le douloureux accouchement d’un monde résolument différent. Reste à savoir le visage qu’il aura… ou plutôt que nous lui donnerons.

Bonne lecture-s.

 

 

 

 

 

Lettre d’info n°3

Bonjour,
voici la troisième lettre de Persopolitique. On y parle de DSK et de la toute-puissance, de la fin des Ateliers et du débat sur le nucléaire. Apparemment pas gai tout ça, mais allez jusqu’aux conclusions des articles, j’essaie toujours de voir ce qu’on peut faire pour dépasser nos apparentes impasses !

Après l’affaire DSK, peut-on sortir de la sidération face à la prétendue toute-puissance ?

Je n’échappe à l’obsession commune pour l’affaire DSK. Au-delà de la déchéance d’un homme, ce sont les faux-semblants de notre vie politique et médiatique que j’essaie de décrypter. Nous vivions au cœur de trois fictions : fiction la plus évidente de DSK déjà président ; fiction encore de la sexualité affaire purement privée ; fiction plus fondamentale de la toute-puissance. Celle-ci résiste encore. C’est celle pourtant qu’il faut faire voler en éclat.

Les Ateliers ont mis fin à leur activité, le besoin de « conversation démocratique » continue !

Les Ateliers ont été une belle aventure et elle s’est achevée comme je l’espérais : dans la bonne humeur et l’envie que d’autres occasions de rencontres se manifestent. Plus que jamais je crois à la nécessité de lieux ouverts où l’on puisse s’exercer à la conversation démocratique. Pour moi de tels lieux seraient les « briques de base » d’une réelle démocratie délibérative.

La nécessité d’impliquer les citoyens dans le débat sur le nucléaire

Ecrit le 9 avril, « avec qui débattre du nucléaire ? » semble relever de l’actualité d’avant-hier ! Et pourtant, il ne faudrait pas passer trop vite à autre chose. Les informations alarmantes (mais passées très inaperçues) en provenance de Fukushima devraient nous rappeler que le nucléaire, lui, ne sort hélas pas instantanément de la vie des gens.

 

Lettre d’info n°2

Bonjour,

Voici la deuxième lettre de Persopolitique.

Des rendez-vous pour se retrouver autour de l’initiative citoyenne

Avant de vous proposer de partager quelques réflexions sur l’actualité, je voudrais vous inviter, si vous le pouvez, à bloquer deux dates de mai dans votre agenda déjà chargé.

– le 7 mai, j’en ai déjà dit un mot en février, vous êtes invités au « débarquement » des Ateliers de la Citoyenneté. Une manière festive de mettre fin à une aventure… pour en démarrer de nouvelles ! merci d’envoyer un mail pour dire si vous êtes a priori partant-e pour cette « croisière-souvenir » sur le Rhône.

– le 16 mai, j’anime à la demande de SoL une rencontre intitulée « Une gouvernance différente pour une société différente« . Autour de Göran Carstedt, président de The Natural Step et d’Alain de Vulpian, fondateur de Sociovision, nous nous interrogerons mutuellement sur la manière dont la société civile prend le pouvoir.

Quand l’actualité s’impose et nous obsède…

J’évite en règle générale de parler de l’actualité. Que puis-je apporter de plus dans le flot de commentaires ? Pour autant certains événements sont si obsédants qu’on ne peut s’y soustraire, qu’ils soient heureux ou tragiques.

Les 7 mn de l’intervention télévisée que le président de la République a consacrées aux révolutions arabes m’ont conduit à écrire sur la fierté arabe retrouvée. Depuis que j’ai écrit ce texte, la décision d’intervenir en Libye a heureusement donné une autre image de la France. Pour autant je pense toujours aussi nécessaire de miser sur cette fierté retrouvée, y compris pour des raisons internes.

La catastrophe que vit le Japon est sans doute un « accident de civilisation » dont on peine à se représenter la portée tant on reste collé à l’actualité immédiate, particulièrement celle des « piscines nucléaires de Fukushima », véritables tonneaux des Danaïdes. Et si, en réalité, nous étions déjà entrés dans l’An 1 d’une nouvelle ère ?

post scriptum

On peut encore lire  un texte sur la « boussole politique » mise au point par Dominique Boullier, prof à Sciences Po. Suite à cet article nous nous sommes rencontrés. L’évoquer, me donne envie de parler de sujets plus personnels dans Persopolitique… mais ce sera pour le mois prochain. J’ai en effet plusieurs « envies d’agir » à partager… Rendez-vous pour une lettre de printemps !

Lettre d’info n°1

PERSOPOLITIQUE est le nom du blog que j’ai commencé en 2010. Je l’ai testé pendant quelques mois avant de me décider à vous en informer. J’avais juste fait un mail le 14 juillet dernier pour avoir les premières réactions. Elles étaient encourageantes et j’ai donc continué…
Parce que plusieurs d’entre vous m’ont dit qu’ils regrettaient le temps de la lettre d’info des Ateliers, j’ai préféré vous proposer une lettre mensuelle plutôt qu’une alerte par mail à chaque fois que je publie un article.
La lettre d’info de PERSOPOLITIQUE vous propose ce mois-ci de faire le tour des mises en question du pouvoir politique, dans les pays arabes bien sûr mais aussi en Grande-Bretagne et en Belgique.
… et vous pouvez également faire votre propre moisson au travers des rubriques : galets, fils, mots, chemins !

Bonjour,

Persopolitique est le nom du blog que j’ai commencé en 2010 (pour connaître les raisons de ce titre voir Pourquoi Persopolitique ?). Je l’ai « testé » pendant quelques mois avant de me décider à vous en informer. J’avais juste fait un mail le 14 juillet dernier pour avoir les premières réactions. Elles étaient encourageantes et j’ai donc continué… même si l’activité professionnelle depuis septembre  m’a laissé moins de disponibilité que je l’aurais voulu. Depuis un mois, j’ai redéfini avec Didier LIVIO mon engagement à Synergence pour avoir plus de temps pour moi et donc pour écrire. Notons en passant que j’ai la chance de travailler avec quelqu’un qui comprend mon besoin d’autonomie !

Une lettre d’information plutôt qu’une alerte à chaque nouvel article

Parce que plusieurs d’entre vous m’ont dit qu’ils regrettaient le temps de la « lettre d’info des Ateliers », j’ai préféré vous proposer une lettre mensuelle plutôt qu’une alerte par mail à chaque fois que je publie un article. Un bon moyen de ne pas encombrer les messageries et surtout une possibilité de mettre des textes en perspective. Je vous ai donc intégré dans la liste de diffusion de cette nouvelle lettre d’info. Bien évidemment celles et ceux qui souhaiteraient ne pas la recevoir à l’avenir peuvent se désabonner en cliquant ci-dessous.

Les Ateliers de la Citoyenneté devraient avoir une belle fin!

Les Ateliers de la Citoyenneté cessent leur navigation. Et si on prenait le temps de débarquer ensemble ? Pour de vrai. Nous organisons en effet une dernière rencontre en partant en croisière sur le Rhône ! Ce sera le 7 mai. Merci d’envoyer un mail en retour pour dire si vous pensez pouvoir venir. Je serais vraiment heureux que nous nous retrouvions nombreux pour débarquer ensemble.

Le pouvoir politique partout mis en question

Les rapprochements sont peut-être un peu forcés mais la juxtaposition a sans doute du sens : Belgique, Grande-Bretagne, Pays arabes. C’est le sens même du pouvoir qui est en jeu.

Vacance du pouvoir : les Belges n’ont plus de gouvernement depuis des mois et s’en passent sans heurts. Un auteur belge en tire la conclusion que les gens peuvent se gouverner eux-mêmes, leçon que je partage tout comme Thierry Crouzet, le blogueur qui ne cesse de nous dire que nous n’avons pus besoin de gouvernements.

Contagion : un retour sur le mouvement démocratique qui secoue le monde arabe en s’intéressant au terme de « contagion » employé pour en parler dans les médias et en s’interrogeant du même coup sur notre propre rapport à la démocratie.

Big society, laboratoire anglais de la citoyenneté entreprenante : même si on vient d’apprendre que Liverpool, une des villes pilotes, se retirait de l’expérience en raison des coupes dans les budgets publics, la Grande-Bretagne teste à grande échelle … ce que les Ateliers ont imaginé.

Des invitations à penser autrement les rapports individu/collectif

En relisant les deux textes ci-dessous, je me rends compte qu’ils font un peu (trop?) intello mais j’ai quand même envie de partager mes coups de cœur sur des questions entre philosophie et sociologie.

Descartes a le Cogito patraque : le rationalisme cartésien n’a pas la cote en ce moment. Et s’il était temps d’inventer une formule en écho au cogito ergo sum ?

Etre ou avoir, changement de perspective : une invitation à penser autrement le rapport de l’individuel et du collectif. Bruno Latour nous fait redécouvrir la pensée à contre-courant de Gabriel Tarde. Ça fait du bien !

On peut encore lire  mes interrogations sur le cap de la cinquantaine. Eh, oui ! je l’ai franchi fin 2010. Je commence juste à m’y faire !