Individu, institution et imaginaire démocratique

Un texte exploratoire, sur un terrain peu familier, celui de l’imaginaire. Une tentative pour dépasser l’opposition individu/institution. Un travail à poursuivre via le Laboratoire de la Transition Démocratique ? Réactions bienvenues !!

 

Pour redonner goût à la politique, je dis souvent qu’il faut partir des personnes et de la manière dont elles se relient. Je parle pour cela de persopolitique. Ce faisant je laisse trop souvent les institutions de côté en incitant ceux qui prennent l’initiative dans la Cité à « faire avec », à composer avec les institutions telles qu’elles sont.

Une lecture récente sur le rapport Individu/institution me donne une occasion d’aller plus loin et, pour sortir de cette approche binaire insatisfaisante, de rajouter un élément trop souvent négligé car assez insaisissable : l’imaginaire. Je ne suis pas un spécialiste de l’imaginaire et je serais heureux que d’autres (je pense bien sûr à Bernard Lamizet, à Yves Citton que je  cite dans  cet article) prennent le relais pour compléter ou infirmer l’intuition que je vais présenter comme une simple hypothèse de travail, à reprendre dans le cadre du Laboratoire de la Transition Démocratique dont la saison 1 est consacrée (un peu laborieusement, j’y reviendrai) à l’imaginaire démocratique.

renouveler les institutions ?

Commençons donc par regarder du côté des institutions. Elena Lasida les invite à évoluer, en prenant en compte la fragilité. Quelques extraits de son article paru dans Etudes, que je vous invite à lire (ici dans la longueur).

Elle part comme nous de l’exigence d’autonomie des personnes et regarde comment les institutions peuvent y faire face, sans renoncement.

Plutôt que de nier cette réalité [l’exigence d’autonomie des individus], les institutions devraient chercher à en tirer parti. Tout en manifestant leur esprit critique, les individus cherchent des voies pour se réinscrire dans du collectif, pour se réapproprier la force des institutions et les valeurs qu’elles portent.

Et nous croyons que la fragilité constitue une bonne clé pour penser d’une manière nouvelle ce lien entre individu et institution.

On associe souvent la fragilité à un manque à combler, à un problème à résoudre, à une insuffisance à réparer. Mais c’est la fragilité qui rend possible l’émergence du radicalement nouveau. C’est parce que l’individu se reconnaît fragile qu’il est capable de construire avec les autres une véritable relation d’interdépendance. C’est la fragilité de chacun qui permet de se situer face aux autres en frère plutôt qu’en rival. C’est aussi la fragilité de l’institution qui permet aux individus de l’adapter et de la renouveler en permanence.

La société des individus demande  à l’institution de se renouveler :

Il est nécessaire de promouvoir du mouvement dans l’institution : en cherchant la continuité et à la fois le  renouvellement, en assurant l’unité tout en laissant place à la diversité, en orientant l’action tout en laissant une marge de liberté.

Ce mouvement crée de la fragilité, mais une fragilité utile :

Ces fragilités déplacent la manière habituelle de concevoir un processus d’institutionnalisation et invitent à le penser sous le mode de la fécondité plutôt que de la force, sous le mode du rapport à l’altérité plutôt que sous celui du contrôle, dans une logique d’habilitation (empowerment) plutôt que de domination.

Je souscris complètement à cette approche des institutions mais force est de constater que ce n’est que très rarement les évolutions qu’elles imaginent pour elles-mêmes ! Nous y reviendrons.  Attardons-nous un moment du côté des individus. Elena Lasida n’est pas suspecte de nier la capacité des citoyens à faire société puisqu’elle propose  aux institutions de développer l’empowerment. Pourtant elle regarde de manière plutôt négative ce qu’elle appelle les « mondes vécus »

Le monde commun tend ainsi à se fragmenter en multiples « mondes vécus ». On appelle ici « mondes vécus » les milieux de vie fondés sur les relations personnelles, les goûts communs, le partage d’expériences émotionnelles, les affinités électives et les sentiments (famille, groupes d’amis, clubs de loisirs, etc.). Par opposition aux institutions, les mondes vécus n’obéissent à aucun projet et ne produisent aucun symbole de portée générale : ils sont le produit instable des initiatives relationnelles des individus. Outre les dangers que présente cette énergie subjective sans ancrage, il en résulte une déstructuration du monde commun et un appauvrissement de l’existence de chacun.

L’individu condamné  à l’entre-soi des « mondes communs » ?

Quel écart avec ce que je disais en commençant : pour moi, les liens personnels permettent de découvrir de proche en proche l’intérêt du commun, sortant la quête légitime du bonheur personnel d’un enfermement sur un moi autosuffisant. Je me suis beaucoup interrogé sur cet écart alors même  que je me sentais en grande proximité avec le contenu général du texte, y compris ses références chrétiennes.

En réalité je suis d’accord avec elle quand je me borne au constat des pratiques réelles de beaucoup de nos contemporains : oui, les « mondes vécus » peuvent ne produire aucun projet ou symbole  de portée générale ; oui, les affinités électives peuvent déboucher sur un entre soi sans autre perspective. Pour autant doit-on en conclure une généralité ainsi formulée : « Par opposition aux institutions, les mondes vécus n’obéissent à aucun projet et ne produisent aucun symbole de portée générale » ? Hors des institutions, point de structuration possible du monde commun ? Comme l’Etat a selon Weber le monopole de la violence légitime, les institutions auraient le monopole des symboles de portée générale ?

J’ai bien compris que Elena Lasida avait une définition extensive du terme d’institution, ce qui permet sans doute de réduire l’écart.

L’institution est définie ici de manière délibérément large comme un dispositif capable de prescrire et/ou de légitimer certains types de conduites sociales sur de grandes échelles de temps et d’espace. Ainsi définies, les institutions constituent la structure du monde commun. C’est à elles, au premier chef, qu’il revient de donner corps à une société « qui se tient » et sur laquelle nous pouvons nous reposer de multiples manières pour dépasser les limites de l’action individuelle, transcender nos fragilités et donner un sens pérenne à nos actions et à nos projets.

En disant cela des institutions, il me semble qu’elle justifie la prééminence des institutions sur les individus sans clarifier les dynamiques en jeu. Si les institutions étaient aussi englobantes comment pourraient-elles être amenées à évoluer et à faire droit à la fragilité comme les y incite l’auteur ? Rien ne les pousserait jamais à se transformer. Si l’individu doit admettre son incomplétude, l’institution le doit tout autant. Elles ne peuvent pas être à elles seules  la « structure du monde commun », elles ne suffisent pas à « donner corps à une société ».

Si l’on admet que l’individu même relié peut en rester à un entre soi destructeur, si on admet que les institutions ne sont pas par elles-mêmes conduites à prendre en compte leur fragilité ? que faut-il d’autre ?

C’est là que je m’engage sur le chemin de l’imaginaire. Certains n’ont pas hésité à l’explorer. Bernard Lamizet a introduit une approche ternaire intéressante : réel, symbolique, imaginaire, inspiré de la psychanalyse lacanienne. J’aime l’idée de cette existence en propre de l’imaginaire dans le champ politique mais je ne suis pas toujours sûr de le suivre dans sa navigation entre les 3. Il me manque clairement des bases philosophiques et psy. Avant lui mais sans que je sache comment se relient les deux pensées (si elles se relient), Castoriadis a donné une place importante à l’imaginaire dans son œuvre, mais là encore je suis obligé de constater mes limites à le comprendre. Pourtant je partage sans difficulté son point de vue sur la démocratie athénienne, et partage bien sûr son attachement au tirage au sort. J’ai donc un a priori favorable sur le fait qu’il y ait intérêt à fouiller dans cette direction.

Enfin Yves Citton, auteur découvert au travers du formidable Renverser l’insoutenable explore lui aussi des chemins de traverse pour décrire ce qui se passe. Il n’hésite pas à forger de nouveaux termes comme ses « politiques des pressions » et « politiques des gestes ». J’y reviendrai dans un billet à venir.

Dans l’immédiat, je me lance en solitaire…

Activer la puissance de  l’imaginaire

D’abord, l’imaginaire collectif, il me semble, n’appartient à personne, ce n’est l’attribut ni des individus ni des institutions. Je le vois plutôt comme une donnée culturelle à laquelle  on se réfère pour agir, en tant qu’individu ou en tant qu’institution. Un bagage qui comme les impedimenta latins sont à la fois un secours et un embarras lors du voyage. L’imaginaire a des pesanteurs qui brident et des ressources qui poussent de l’avant. L’imaginaire, c’est à la fois un héritage et une construction en perpétuelle mutation, rapide et lente en même temps.

Il y a la réalité brute des faits, il y a l’intelligence des opinions échangées mais il y a aussi la puissance de l’imaginaire. L’imaginaire c’est une énergie potentielle, activée ou non. (Je crois, là, ne pas être très loin de Lamizet)

L’imaginaire ce n’est pas simplement les valeurs de référence c’est tout autant, en République, l’isoloir et le bulletin de vote, la  Marianne, le bleu blanc rouge et la devise nationale, les lieux de mémoire, les grands hommes, le fait majoritaire, l’opposition gauche-droite,…

Enfin et c’est essentiel, il n’y a évidemment pas un seul imaginaire en circulation ! Il y en a des dominants et des marginaux, en déclin ou en progression,…

Si on applique cette représentation de l’imaginaire à notre individu construisant des « mondes vécus », il ne fera pas la même chose des relations qu’il va tisser selon son imaginaire de référence. Et je crois que c’est ce qui distingue le point de vue d’Elena Lasida et le mien sur ce qui ressort de ces relations interpersonnelles. Avec l’imaginaire dominant pétri d’individualisme, Elena Lasida a raison de dire que l’on reste dans l’entre soi des « affinités électives ». Il est donc essentiel de faire émerger un nouvel imaginaire pour que les personnes se sentent autorisées à agir, pour que les institutions accueillent l’initiative non comme une menace à leur pouvoir mais comme un renforcement de leur inscription dans la réalité des gens. Cet imaginaire est déjà celui de minorités actives qui « croient » au pouvoir d’agir.

Pour que cet imaginaire ne soit plus celui de quelques-uns mais qu’il devienne l’imaginaire commun auquel chacun se réfère spontanément avec, de ce fait, plus de confiance dans sa possibilité d’intervenir utilement dans la « chose publique »,  nous ne pouvons pas attendre patiemment les évolutions sociales de long terme. Nous avons la responsabilité de tenter d’accélérer le processus. C’est l’ambition du Laboratoire de la Transition Démocratique.

  • Nous avons entrepris pour cela de rassembler les mots qui émergent dans des registres différents pour essayer de voir ce qu’ils disent du monde auquel nous aspirons. On voit bien que parler de « pouvoir d’agir », d’ « économie collaborative », de « tiers lieux », de « communs » ne dessine pas le même monde que lorsqu’on se réfère à « représentation », « majorité », « vote »,…
  • Une des premières hypothèses sur lesquelles nous travaillons est celle de la réunification des mondes parallèles dans lesquels nous sommes censés vivre, chacun obéissant à des règles différentes : le monde de l’économie et les lois du marché, le monde de l’action publique et les lois de la République, le monde de la religion et les lois divines. Réunifier l’humain pour renforcer sa capacité d’agir en naviguant plus facilement entre les mondes. Qu’il cesse sa schizophrénie permanente entre salarié et citoyen, entre croyant et citoyen,… sans tomber dans un syncrétisme politico-éco-religieux qui serait une abomination. Ce sont les mondes qui doivent rester séparés, ce n’est pas la personne qui doit être écartelée ! Nous avons la conviction qu’un humain réunifié aura plus de ressource pour agir et maîtriser sa vie.
  • Autre point majeur sur lequel nous appuyons les travaux du laboratoire : des récits, des fictions ont plus de force que toute expression exclusivement argumentative pour nous sortir de la sidération dans laquelle nous nous engluons.

Des mots inédits, des passerelles entre les mondes, des récits pour nous embarquer, voilà ce à quoi nous nous attelons et invitons chacun à contribuer. C’est apparemment très ténu et bien loin des exigences de l’action immédiate, j’ai la faiblesse de penser que c’est un socle indispensable !

 

 

 

5 réflexions sur « Individu, institution et imaginaire démocratique »

  1. le tirage au sort est un vaste sujet en lui-même. Petite critique rapide de cette méthode : lorsque l’on est tiré au sort on choisit ou non de répondre favorablement à la demande, or qui répondra spontanément à la demande et qui préfèrera décliner l’offre ? On constate pour el moment que cela favorise les mêmes catégories de population, ceux dotés d’un fort capital social et culturel. Il faudra donc creuser le sujet pour chercher comment répondre à cette problématique…

    Amitiés.

  2. On sent encore le tâtonnement mais la matière est belle. Merci Hervé ! Je suggérerais de remettre tout cela dans une perspective historique pour aller un peu plus loin encore.
    Le mot transition n’envahit pas notre univers verbal par hasard. Il nous dit juste que le vieux monde n’en finit pas de mourir et que celui qui vient est encore à naître, donc nous est inconnu. Le vieux monde et ses institutions, toutes ses institutions, physiques, culturelles, politiques, économiques, structurant nos imaginaires qui sont à leur image aujourd’hui : dans une sorte d’impasse, d’incapacité à raconter la suite de l’histoire. Un moment de rupture du récit historique.
    Une institution quelle qu’elle soit n’évolue que sous les avancées sociétales, elle les entérine et s’adapte, ou disparaît. Par essence, elle a vocation à structurer, architecturer le collectif. Par essence elle devient un objet de pouvoir lorsque l’obsolescence l’atteint et elle se crispe alors sur sa seule survie. Et ce sont bien les individus et leur capacité à créer de nouveaux mondes communs à forte dimension symbolique, qui font pression pour faire évoluer les institutions, avec plus ou moins de temps et de bonheur.
    Nous vivons un moment de fragilité, individus comme institutions, un moment capable de faire évoluer ou condamner les structures issues de notre vieux monde. Par l’émergence de nouveaux mondes communs, porteurs de valeurs différentes : les nouvelles formes économiques en particulier, et leur corollaire coopératif, apparemment plus détachées de la sacrosainte Propriété. Par l’émergence de nouvelles institutions, dont nous appréhendons encore difficilement la puissance tant certaines sont impressionnantes : les sociétés monde comme Google et leur puissance sans limites sérieuses d’aucune sorte, leur pouvoir extrêmement structurant dont nous ne voyons encore que la partie émergée, par exemple.
    Alors, l’imaginaire oui, bien sûr. Tels ces récits portés par nos amis de 4D (notre ami Pierre Radanne ; http://www.association4D.org), qui sur la base de travaux croisant technologies et pratiques plus soutenables, et chiffres prospectifs, offrent une matière pour animer des ateliers imaginatifs sur nos vies demain. Mais imaginer d’autres histoires, une autre Histoire, passe par une capacité à disposer de matériaux support, de pièces de puzzle fussent-elles incomplètes. Car l’imaginaire collectif est lourdement prisonnier de représentations institutionnalisées, et seule une poignée d’individus disposent de la capacité à s’en affranchir. Où sont-t-ils ces conteurs de demain ? Qui les entend, les retransmet, les rend visibles, accessibles ? Sont-ils ces créateurs de nouveaux mondes communs, s’adaptant aux institutions ambiantes tout en définissant de nouveaux horizons, loin du brouhaha du monde ? Probablement. Et nous devons les rejoindre dans le faire, pour être toujours plus nombreux, et pouvoir retisser le fil de notre histoire en racontant par nos choix, nos vies, demain à celles et ceux qui n’ont pas ou plus d’espérance.

  3. Très belle réflexion, stimulante et sortant des oppositions stériles … j’adhère à l’essentiel de de tes convictions et interrogations. sauf à la fin , les trois mondes…Quid des athées ? Seraient-ils hors jeu? Condamnés à l’instabilité existentielle? Et si on définissait le troisième monde non comme celui de le religion mais comme celui de la Société: la société non pas comme le produit conjugué du marché et de l’État et de leurs lois respectives auquel tu semble la réduire,, mais comme un monde essentiel, différent des deux autres, , produit de l’interaction de personnes douées de liberté existentielle dont l’identité se fabrique dans et par la rencontre d’autres personnes: l’autre comme condition d’existence de chacun, principe de base d’une communauté humaine comme « fait social total » (Marcel Mauss). 3ème monde: la convivialité, autre dénomination de ce qui fait société (cf les « convivialistes »), comme base de toute société, gouvernée par les lois de l’humanité…

    Première réaction à chaud.. On en reparle.

  4. Voici l’échange que j’ai eu par mail avec Bernard Lamizet. Je le publie avec son autorisation.

    Bonjour. J’ai bien aimé ton texte. Trois remarques:
    1. Il ne peut y avoir de rationalité politique sans imaginaire : l’imaginaire, c’est le champ des utopies et des horizons qui situent les identités politiques, mais c’est aussi le champ des projets
    2. L’imaginaire est le champ du conflit ou de la contradiction qui fonde la différence entre le singulier et le collectif, et qui donne sa signification à la notion de médiation, dialectique entre le singulier et le collectif
    3.Je crois que les institutions, elles, ne sont pas dans l’imaginaire, car elles constituent le champ des pouvoirs et de la régulation des rapports sociaux.
    B. L.

    Mes réponses et les commentaires de B. L. :
    HCD – sur le point 1, c’est clair et j’aime bien ce lien que tu fais entre utopie et projet, je crois que c’est fécond

    HCD – sur le point 2, pourquoi parles-tu de conflit ? autant je vois bien la médiation et la dialectique, autant je me dis qu’il n’y pas nécessairement conflit, je vois l’imaginaire comme une « ressource » pour passer de l’individuel au collectif
    BL – Je pense qu’il y a entre singulier et collectif un conflit entre les logiques de désir qui structurent le singulier et les logiques de pouvoir qui structurent le collectif, car ces logiques se situent par rapport à des horizons, ou à des enjeux qui ne peuvent coexister sans être questionnés, interrogés par le débat public. Le religieux a toujours reposé sur une sorte d’impératif de dénier cette contradiction en imposant aux croyants de fonder leur adhésion au collectif sur l’expression de leur désir singulier. Cela a donné la nuit de la Saint-Barthélémy, le radicalisme islamique et le radicalisme sioniste qui tuent.

    HCD – sur le point 3, j’entends bien ce que tu dis mais pour autant l’imaginaire influe aussi sur les institutions, les conduit à choisir un mode de régulation plutôt qu’un autre. Si je prends l’imaginaire lié à l’intérêt général ou celui lié au bien commun, on BL – n’a pas le même rapport des institutions à la société civile ?
    Je ne crois pas trop à la notion de « bien commun ». Le rapport aux institutions est toujours fondé sur l’imposition de ce que Freud appelle un « sur-moi », c’est-à-dire sur l’intériorisation dans l’image de l’impératif exprimé par la loi, elle-même fondée sur le pouvoir de ceux qui l’imposent.

  5. Merci à tous de ces échanges, que je relie à 2 observations personnelles :
    Ceux qui me connaissent, savent mon attirance pour l’humour et la noble provocation.
    J’aime bien ces nouveaux acteurs de la désobéissance civile qui utilise l’Art et la Création comme vecteurs de disruption institutionnelle. Ils se désignent comme des Art -Activistes. Je vous suggère leur livre Beautiful Trouble qui vient de sortir en français sous le titre : Joyeux Bordel! et leur blog https://labofii.wordpress.com/
    Mais pour aller plus loin : l’Art et donc la Culture seraient-ils donc les vecteurs de cet imaginaire nécessaire à la réinvention de nos formes de vie en commun? Et pour désigner ce « métier à tisser » virtuel qui nous relierait par la culture n’est on pas en train de parler de civilisation plus que d’institution? Civilisation au singulier pour désigner le macro processus ( comme institutionnalisation), universel ( celle de l’Homme), transculturels ( au sens de réunions de toutes les techniques, arts, et croyances )que nous devons réinventer. On croit ce mot lointain et hors d’atteinte ; hors il nous touche tous les jours, au même titre que la mondialisation, terme que nous avons quasi adopté dans notre jargon quotidien : pourquoi ne pas ré-opposer celui de Civilisation. Nous nous y trompons pas, ce n’est pas la planète qu’il faut sauver ( elle s’en sortira sans nous), mais c’est bien l’espèce humaine.

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